Avec amour et passion et beaucoup de patience, j’ai élaboré ma première cuvée de rosé.
J’avoue avoir eu peu de goût pour ce breuvage par le passé. Mais un soir au restaurant « le tracteur » à Sanilhac, Numa nous fait découvrir le rosé d’Eric Pfifferling du domaine d’Anglore, adepte de vin nature, une révélation et une réconciliation. L’idée a germé et a fait son chemin. C’est comme si cette année s’était présentée comme une évidence pour cette première, la création d’un grand rosé à la convivialité telle que tous les soirs il s’invite à table. Vendangé le 6 septembre 2010 au levé du jour, pour rentrer les raisins encore frais de la nuit. Ce rosé symbolise le reflet de ma vision du vin que je conçois sans fioriture technique. Il est élaboré avec des raisins de cinsault, grenache et mourvèdre, pressés directement comme le vin blanc. Pas de macération pelliculaire. Après le débourbage, le jus de raisin est transvasé dans des barriques de plusieurs vins … c’est-à-dire des barriques qui ont contenu le vin de plusieurs millésimes. 
La fermentation alcoolique se déroule sans ajout de levure, ainsi que la fermentation Malo lactique. Une fermentation lente de deux mois qui use ma patience.
Début décembre le vin prend forme, le crépitement des bulles s’est arrêté. Souvent je le déguste, le sucre s’est transformé en alcool et la magie de ce processus me fait découvrir dans certaines barriques des arômes maltés, dans d’autres des arômes de fraises. La dégustation évolue, le vin s’affirme, se dessine, s’affine et je commence à ne pas regretter ma décision de cet été. Aujourd’hui 17 février 2011, nous mettons ce vin en bouteille. Grimaudes Rosé 2010 est né. Régalez-vous autant que nous, c’est de la gourmandise à l’état pur !
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